13 Septembre 2025
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Mal-aimé des résidents, plébiscité par les touristes, l’écureuil montréalais incarne à lui seul le paradoxe urbain. Avec sa queue en panache et son regard faussement innocent, il s’est imposé comme le petit voleur des parcs, le squatteur des balcons, le funambule des fils électriques. Toujours à l’affût d’un reste de bouffe, l’insatiable nuisible saccage les sacs poubelles, bondit d’arbre en arbre avec une agilité presque arrogante. Séduit par cet animal à la fois familier et subversif, Anyo en fait le cœur de son univers visuel. Avec ses collages et ses autocollants, il donne vie à son bandit de Montréal, reconnaissable à sa cagoule. Par ce détournement audacieux et satirique, la bête noire des Montréalais, souvent comparée au rat, se mue en icône pop.
Le travail d'Anyo ne s'arrête pas aux écureuils masqués. L'artiste explore plus largement l'anthropomorphisme, ce jeu subtil où les frontières entre l'homme et l'animal s'effacent. Chiens, singes et autres spécimens alimentent son bestiaire insolite et se retrouvent affublés de postures, d'attitudes ou de regards résolument humains.
Exposé notamment à la galerie L’Original, sur la rue Saint-Denis, Anyo navigue librement entre peinture, dessin, graffiti, art numérique et collage. Puisant son inspiration dans la culture urbaine des années 1990 et l’univers de la science-fiction, il donne vie à des créatures hybrides, audacieuses et expressives, au style contemporain. Avec sa drôle de faune, Anyo nous entraîne dans une réflexion sur notre lien à la nature et la manière dont nous cohabitons avec elle, au cœur de la ville.
Tout a commencé le jour où j’ai reçu ma poubelle à compost. J’ai aperçu un mignon petit écureuil posé dessus. Le lendemain, quelle surprise : il avait complètement ravagé le bac, creusant un trou béant pour s’y faufiler et me voler mes déchets de légumes !
À ma grande surprise, une publication est apparue sur un groupe d'un réseau social. Les commentaires étaient très positifs, surtout de parents qui partageaient l'enthousiasme de leurs enfants pour ce petit personnage. J’étais touché, d’autant plus que j’allais devenir papa. Ce qui m’a ému, c’est que le bandit plaisait à toutes les générations.
C’est pour cela que vous pouvez en trouver en hauteur et au ras du sol.
À l'automne 2024, Anyo a présenté plusieurs de ses œuvres à la galerie L'Original, sur la rue Saint-Denis. Il y dispose également d'un atelier.
Depuis mon arrivée à Montréal en juin 2012, je prends des instantanés insolites de la ville. Toutes les photos de ce site sont créditées © Ariane Dadier #montrealstreetart